Où vont vos PDF quand vous les déposez sur un site
Déposer un contrat sur un site gratuit, c'est l'envoyer sur la machine de quelqu'un d'autre. Ce n'est pas toujours vrai, et la différence se vérifie soi-même en trente secondes.
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La question que personne ne pose
Un outil PDF en ligne demande un fichier et rend un fichier. Entre les deux, il se passe quelque chose, et presque personne ne se demande quoi. C'est compréhensible : le geste est banal, gratuit, et le résultat arrive en trois secondes.
Mais ce fichier est parfois un contrat, un bulletin de salaire, un compte rendu médical, une pièce d'un dossier client. La question mérite trente secondes.
Deux architectures, deux réalités
Il n'y a que deux façons de traiter un PDF sur le web, et elles n'ont rien à voir.
Dans la première, votre fichier part. Il est téléversé sur un serveur, traité là-bas, et le résultat vous est renvoyé. C'est la façon historique, et c'est nécessaire pour certaines opérations — convertir un document Word demande une suite bureautique complète, reconnaître du texte demande un moteur qui ne tient pas dans un navigateur.
Dans la seconde, rien ne part. Le traitement s'exécute dans votre navigateur, sur votre machine, avec votre processeur. Le site vous a envoyé du code, pas l'inverse. C'est devenu possible pour la plupart des manipulations de PDF, et c'est ce que font vingt de nos vingt-neuf outils.
La différence n'est pas une question de confiance ni de promesse contractuelle. C'est une différence d'architecture : dans le second cas, il n'y a rien à promettre parce qu'il n'y a rien qui parte.
Comment le vérifier vous-même
Ne nous croyez pas sur parole — personne ne devrait être cru sur parole là-dessus. Deux contrôles, aucun ne demande de compétence technique.
Le premier : coupez votre connexion. Ouvrez la page de l'outil, attendez qu'elle soit chargée, puis désactivez le wifi ou débranchez le câble. Déposez votre fichier. Si l'outil fonctionne hors ligne, c'est qu'il n'envoie rien, parce qu'il ne peut rien envoyer. Nos outils du navigateur passent ce test ; aucun outil qui téléverse ne peut le passer.
Le second : ouvrez l'onglet « Réseau » des outils de développement de votre navigateur (touche F12 sur la plupart), puis lancez le traitement. Vous voyez la liste de tout ce qui sort. Un envoi de fichier s'y repère immédiatement à sa taille.
Ces deux contrôles marchent sur n'importe quel site, pas seulement le nôtre. Ils sont la seule façon honnête de trancher.
Ce qui part quand même, chez nous, et pourquoi
Sept de nos outils envoient bien votre fichier, et nous préférons le dire clairement plutôt que d'entretenir un flou commode : la conversion depuis Word, Excel et PowerPoint, la reconnaissance de texte, la conversion en PDF/A, la réparation de fichier et la conversion depuis une page web.
Aucun de ces traitements ne tient dans un navigateur. Il faut une suite bureautique, un moteur de reconnaissance, des bibliothèques qui pèsent des centaines de mégaoctets. Prétendre le contraire serait mentir.
Ces fichiers-là sont traités sur des machines en Europe, puis supprimés automatiquement. Chaque page d'outil porte en haut une pastille qui dit laquelle des deux familles elle est. Ce n'est pas une mention légale en petits caractères : c'est la première chose affichée.
Pourquoi cela compte au-delà du principe
Pour un particulier, c'est une question de préférence. Pour un professionnel, c'est une question de responsabilité.
Un avocat qui dépose une pièce d'un dossier, un service RH qui traite un bulletin, un cabinet médical qui manipule un compte rendu, une collectivité qui prépare un document nominatif : dans chacun de ces cas, envoyer le fichier chez un tiers est un transfert de données à caractère personnel. Il se documente, il se justifie, et selon le pays où atterrit le serveur, il se complique.
Un traitement qui n'envoie rien fait disparaître la question plutôt que d'y répondre. Il n'y a pas de sous-traitant à inscrire au registre, pas de transfert hors Union européenne à encadrer, pas de durée de conservation à négocier — puisqu'il n'y a pas eu de donnée transmise.
Ce n'est pas un avis juridique, et votre délégué à la protection des données reste seul juge de votre situation. Mais la distinction technique, elle, est nette, et elle se vérifie avec le test de la connexion coupée.